Dans la vie d’un être humain, il y a des choses faciles, et puis d’autres qui semblent insurmontables. Savoir dire non est facile quand quelqu’un vous demande une chose que vous savez impossible, par contre quand cela est possible, et que l’autre le sait, la séance de contorsionnement peut commencer !
Qu’est-ce qui fait que l’on se met à tortiller de tous nos neurones quand on veut dire non et que l’on n’y arrive pas? Cela semble idiot pour notre logique rationnelle, mais les faits nous démontrent que cela tricote dur à l’intérieur de nous-mêmes !
Être coincés entre des sentiments pas possibles pour ne pas heurter la personne, ou ne pas la faire pleurer quand c’est un enfant, nous met dans une position que nous désirons, sur l’instant, fuir à toute vitesse.
A un premier stade, nous ressentons que nous allons recevoir une salve d’émotions pas vraiment positives si nous disons non. On pressent que l’on va être pris pour le méchant de service qui n’a pas de coeur.
Ce tricotage intérieur entre notre envie d’être aimé et accepté et celui d’être haï et rejeté n’est pas vraiment notre tasse de thé. Il serait si facile de dire oui, mais on sait d’autre part que si l’on ne dit pas non, les catastrophes vont être encore plus grandes.
En terme de management et face à un adulte, il est toujours possible d’argumenter, même si on sait que l’autre va le prendre de travers. Cela fait partie du jeu (voir mes articles concernant le courage managérial) et l’autre le comprendra plus tard, même si sur l’instant l’émotion du mécontentement le secoue.
Par contre, vis-à-vis des enfants, cela se corse, surtout si ce sont les nôtres. Pas facile de leur faire comprendre qu’on les aime plus que tout et que, pour cela, on est prêt à les faire pleurer de toutes les larmes de leur corps !
L’amour est une étrange aventure entre la logique, le rationnel et les émotions. Certains parents préféreront donner la sucette, la bouteille de coca ou toute autre sucrerie, pour être débarrassés du problème sur le moment.
Seulement, on peut ressentir qu’à terme cette politique de faiblesse nous mène à des problèmes nettement moins faciles pour nous, mais surtout à des problèmes nettement plus ardus pour l’intéressé.
Quand votre enfant sera devenu un obèse ou tout simplement aura hérité d’une santé préoccupante parce que vous n’avez pas voulu être à la hauteur de vos décisions, vous pourrez toujours dire » Ah, si j’avais su ! ». Mais il sera trop tard…
A travers cet exemple, vous pouvez pressentir une amorce de solution qui vous permettra de mieux cerner quand il est juste de dire non, et rester intraitable à ce sujet, et quand il est possible de négocier. Il faut bien que l’autre gagne un peu de temps en temps, sinon vous allez en faire un martyr !
Je peux vraiment témoigner que ma vie s’est trouvée littéralement changée le jour où j’ai appris cette simple règle du « comment savoir dire non ». Toujours évidente quand on l’entend pour la première fois, mais nettement moins évident pour l’appliquer, voici cette règle :
Savoir dire NON, c’est dire OUI à quelque chose de supérieur.
En effet, si la santé de votre enfant est claire dans votre tête, alors refuser la sucette sera facile. Car vous savez que, de toute façon, un jour ou l’autre, votre enfant vous remerciera pour votre fermeté et aura oublié les quelques scènes de pleurnicheries faites pour vous manipuler.
Il en est de même pour un collaborateur. Si vous dites oui à sa requête, et que vous savez que cela va porter préjudice ou tout simplement créer un antécédent qui sera injouable pour le futur, alors vous pourrez dire non sans culpabiliser.
Si l’individu en face de vous peut comprendre vos arguments, alors vous pouvez lui dire calmement le pourquoi de votre décision. Sur le moment, l’émotion générée par le refus prendra naturellement le dessus, mais l’individu comprendra que vous n’aviez pas vraiment le choix.
Cela pourra même le convaincre que vous êtes un bon chef et que votre objectif est de favoriser la survie du groupe avec équité plutôt que faire des arrangements secrets, sous couvert, où chacun essaye de tirer la couverture à soi.
Savoir dire non, c’est d’abord afficher que vous avez des principes « supérieurs » aux magouilles et compréhensions supposées normales. Quand un refus est pleinement motivé, il est d’une force incroyable.
Je ne vais pas aller dans le détail de certaines situations, car je suis sûr que vous avez des exemples tous les jours sous votre nez. Savoir dire non à sa compagne/compagnon, ses enfants, ses voisins, ses collègues, ses patrons est un exercice quotidien.
En disant non, vous affirmez qui vous êtes et vous démontrez que quelques principes vous animent et que vous avez fait preuve d’intelligence pour cela (si possible…).
Si, par contre, vous dites toujours non, alors on comprendra tout le contraire. Les rabats-joie, ils existent depuis l’aube de l’humanité et leurs objectifs sont, en fait, de refuser toute tentative de communication-négociation.
Leur incapacité à comprendre et à réfléchir est à la hauteur de leur ignorance. La force et la brutalité sont leurs façons de communiquer. Alors, imaginez les dégâts quand ils sont nommés à un poste quelconque ou qu’ils sont tout simplement devenus parents.
L’humanité a beaucoup souffert, et continue de souffrir, car des intolérants abusent des responsabilités qu’ils peuvent avoir. Si l’un de vos chefs se comporte en despote, la question de savoir dire non se reportera sur vous !
Accepterez-vous encore plus longtemps cette situation ? Si oui, alors vous continuerez votre petit calvaire jusqu’au moment où vous exploserez littéralement ou mourrez. Si non, vous commencerez à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.
On peut, pendant un certains temps et pour des raisons alimentaires, tenir le coup mais il ne faut pas que cela dure, car vos santés physiques, mentales et émotionnelles vont en prendre un sérieux coup !
N’avez-vous pas remarqué cet état de « légèreté » après avoir dit « stop, ça suffit, j’arrête ce calvaire ! ». Savoir dire non et l’exprimer, c’est tout simplement remettre les pendules à l’heure entre votre âme et votre destin. C’est souvent un acte qui demande énormément de courage.
Savoir dire non est en fait la première de toutes les règles de la vie.
En ne sachant pas dire non, vous permettez à ce que les injustices demeurent et se perpétuent.
En ne sachant pas dire non, vous dites « je suis d’accord » alors ne venez pas vous plaindre de vos malheurs. Vous en êtes le principal responsable, d’une manière ou d’une autre.
En ne sachant pas dire non, vous acceptez, de fait, d’être un anonyme parmi les anonymes.
En ne sachant pas dire non, vous permettez à ceux qui le disent de vous exploiter.
Sans tomber dans la rébellion, savoir dire non, ou tout simplement apprendre à s’en servir, c’est prouver à vous-même que vous existez.
Regardez les enfants, ils le font naturellement. Ils défient en permanence pour mieux savoir comment est miné le terrain et là où il y a des aires de jeux. Les enfants nous manipulent par les sentiments, mais intérieurement ils savent vraiment ce qu’ils font !
On dit que les enfants sont innocents, c’est faux. Ce sont seulement des êtres humains dont le corps physique n’est pas fini ! Leur caractère, ils le forgeront dans les toutes premières années de leur vie, alors n’allez pas me dire qu’ils sont innocents.
C’est plutôt vous, l’adulte, qui vous faites des idées d’innocence car vous projetez ce que vous n’êtes pas. La séduction par la petite taille est une stratégie connue même dans le règne animal. D’après vous, comment font les chiens et les chats pour trouver un petit chez soi ?
Ils savent qu’à l’état de bébé, vous allez les trouver adorables, et ils comptent sur cela pour vivre le restant de leur vie en étant dans la vôtre. Combien de parents n’ont pas su dire non pour le petit toutou, et se retrouvent condamnés à sortir tous les matins et tous les soirs pour 15 ou 20 ans !
L’innocence est une illusion humaine qui se sait loin de l’être. Alors, commencez à dire non quand vous pensez ne pas dire non à une demande qui vous chiffonne. Faites le calcul vite car dans ce jeu, la vitesse de réaction est aussi importante que l’enjeu lui-même !
Savoir dire non est un réflexe qui ne s’acquiert que dans la pratique. Et plus vous serez rapide à séparer le bon grain de l’ivraie, et plus vite vous vous sortirez des situations qui vous bouffent l’existence.
Savoir dire non, c’est mettre une barrière de protection là où vous savez que cela fera mal si vous ne le faites pas. C’est votre système de défense immunitaire au niveau de votre Soi. Si vous ne le faites pas, alors vous serez l’anonyme qui se fait manipuler par manque de courage et de réflexion.
Laurent DUREAU



4 commentaires
Béa a dit :
21 novembre 2009 à 9 h 24 min (UTC 1 )
Le « non »,au même titre que le « oui » est l exercice de notre pouvoir comme la préservation de notre intégrité.
On pense trop souvent à tort qu aimer c est dire « oui » à tout.C est oublier la moitié de nos potentiels créatifs ,la part de fermeté indispensable à la douceur dans l expression même de l amour.
C est croire que l amour est sans exigeance,sans clarté,sans distinction (d où ces amalgames facheux entre un je t aime -je te deteste qui sème la confusion et nous fait douter).
Le non,crée le sens par un refus d aller à l encontre de notre choix conscient.
Il est exercice de notre liberté de choix (pouvoir sacré hérité de notre filiation divine).
Au risque de décevoir ou avec l envie d être honnête,le « non »comme le « oui » dit qui je suis dans l éternel présent.
Alors OUI à Laurent qui sert la lumière.Non à tout ce qui n est pas l expression d un don permanent à l amour !
Sinon,où on va ??!!
Oui à l unité.Non à la dualité !…
yaell a dit :
21 novembre 2009 à 17 h 24 min (UTC 1 )
C’est très vrai, tout ça. En fait, savoir dire « non » quand il le faut, c’est non seulement récupérer son pouvoir mais aussi se promettre de ne plus le confier à quelqu’un d’autre. Pas toujours facile au quotidien. Le tout, c’est d’en prendre conscience déjà et de ne pas se laisser décourager à la première défection… vaste sujet de méditation… et d’entraînement. Bon courage à tous.
Béa a dit :
21 novembre 2009 à 18 h 43 min (UTC 1 )
Oui, Yaell,je suis d accord avec toi pour dire que savoir dire NON c est s emparer et assumer sa souveraineté individuelle.Pas facile en effet d oser s affirmer et de risquer les désaccords mais,la satisfaction éprouvée quand on a eu la volonté d aligner sa parole à sa pensée….un bienfait qui vaut bien quelques prises de risques !
Au fond,ce qui compte c est d être pleinement fidèle a soi(pensée-parole-action)de sorte que cette honnêteté soit la qualité première à incarner car,
La vie qui est mouvement permanent, nous dicte des « oui » et des « non »à travers le pur canal de notre coeur grand ouvert…
Bon courage Yaell ainsi qu à vous tous !
cassiopee a dit :
14 avril 2011 à 20 h 00 min (UTC 1 )
Je,trouve enfin des personnes qui pensent comme moi ; c est incroyable cela ; oufff comme un soulgement merci à vous tous